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Le ZambEze

LE coeur sauvage de l'afrique

C’est le moins documenté des grands fleuves du continent africain. Son bassin est pourtant partagé par huit états riverains, dont les paradis verts de Zambie et du Zimbabwe. Ses 2500 kilomètres à travers l’Afrique australe jusqu’à l’Océan Indien en font le quatrième fleuve le plus long d’Afrique. Pourtant, le Zambèze n’est souvent résumé à une seule image : ses spectaculaires chutes Victoria, observées pour la première fois par un européen : David Livingstone, en 1855. Ce dernier nommait ce fleuve la God’s Highway, la route de Dieu. Elle regorge de trésors mais est aujourd’hui menacée par les activités minières en Zambie.

L’étonnement et la magie du fleuve débute chez les Barotses (aussi appelés Lozis), l’un des 25 groupes ethniques présents en Zambie, dans le sud-ouest du pays, où le mot Kuomboka signifie « sortir de l’eau ». Au mois d'avril, à la fin de la violente saison des pluies, près de Mongu, les Barotses, confrontés à l’inondation des plaines fertiles par le fleuve Zambèze, célèbrent le déménagement symbolique, en barque, à travers les plaines inondées, de la cour du roi des Barotses, depuis Lealui jusqu’à Limulunga. Une cérémonie qui se perpétue depuis plus de 3 siècles dans le bouillonnant Barotseland ou s’agitent toujours les partisans de la sécession de la province.

En descendant le fleuve, on arrive aux fameuses chutes Victoria à Livingstone, un haut lieu du tourisme africain et le point de chute obligé des voyageurs découvrant l’Afrique australe. On découvre l’incroyable spectacle de Mosi-oa-Tunya ("la fumée qui gronde") qui marque aussi la frontière avec le Zimbabwe au milieu du pont surplombant le fleuve. C’est le lieu d’échange et de commerce transfrontalier mêlant petits trafiquants de riz ou de maïs, transport du cuivre jusqu’en Afrique du Sud et passage d’un train mythique, le Royal Livingstone Express. Un commerce entre une Zambie convalescente, soumise régulièrement à une dégringolade des cours du cuivre, et un Zimbabwe toujours défaillant. C'est aussi près de Livingstone que se sont installées les grandes fermes des colons blancs venus ici après avoir été chassés du Zimbabwe.

A la fin des années 1950, alors que Zimbabwe et Zambie formaient alors la Rhodésie du Nord et du Sud, 57 000 riverains de l’ethnie des éleveurs Tonga étaient déplacés de force des plaines fertiles bordant le Zambèze pour donner naissance au barrage hydro-électrique de Kariba - alors le plus imposant du monde - et au réservoir le plus important du continent africain, le deuxième après celui d’Assouan : un lac de retenue de plus de 5000 km2 qui noya leurs terres ancestrales. 60 ans après, les Tonga continuent à entretenir ce souvenir.

Une beauté sauvage menacée par l’industrie cuprifère.

Hippopotames et crocodiles bien sûr, mais aussi éléphants, lions, léopards et des myriades d’oiseaux… Le cours zambien du Zambèze est bordé par nombre de sanctuaires, aussi superbes que méconnus : le Lower Zambezi National Park est l’un d’entre eux. Le Zambèze est déjà pollué par son affluent, la Kaffue, qui se jette en amont de ce parc : la faute aux rejets de l’industrie cuprifère de la Copperbelt dans cet affluent du grand fleuve. Mais demain, il pourrait encore être plus menacé par un projet australien de mine de cuivre à ciel ouvert qui pourrait être creusée à 30km au cœur de ce parc naturel. Un projet évidemment contesté par les ONG environnementales. Mais la Zambie, dont la situation économique s’est récemment dégradée sur fond de chute des cours du cuivre (10% de taux de croissance à la fin des années 2000 à moins de 4% aujourd’hui) classée 163e sur 187 sur l'Indice de Développement Humain, peut-elle se permettre de sacrifier un tel projet ?

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Carte du Gange

Le Zambèze (2500 km de long) prend sa source en Zambie puis s'écoule à travers l'Angola, la Zambie, le Zimbabwe et le Mozambique avant de se jetter dans l'Océan Indien.

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Janv 2019 (1/2) - Fév 2019 (2/2)

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GEO France
Publication en avril 2019

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